Un vase en verre soufflé sur bois n’est pas un vase posé sur un socle : le verre en fusion est soufflé à la bouche directement sur une racine de Gamal, à plus de mille degrés. Il épouse le bois, le marque, et durcit dessus. Bumia en façonne toute une gamme à Bali, du soliflore de bureau à la pièce d’exposition.
Pourquoi deux vases ne se ressemblent pas
Le verre est soufflé à la bouche directement sur la racine, sans moule. Il coule dans les creux du bois et durcit là où la racine l’arrête.
Pour un vase, ça se traduit par deux choses concrètes. La contenance change d’une pièce à l’autre, parfois de dix centilitres. Et le col n’est jamais parfaitement rond : il se ferme comme la matière l’a décidé ce jour-là. Ce ne sont pas des défauts de fabrication, ce sont les conséquences directes du procédé.
Le verre se retire du bois pour le lavage.
Les quatre étapes de fabrication, du four à bois jusqu’à la racine de Gamal
Les quatre familles de la collection
Vases et soliflores
Du soliflore étroit au vase en V, en racine naturelle ou bois blanchi. Le vase droit tient une tige seule, le vase en V ouvre deux ou trois tiges en éventail, la jarre prend du feuillage.
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Bols et coupes
La famille la plus fournie, du vide-poche à la pièce d’exposition. C’est ici que se trouvent les deux plus grandes pièces du catalogue.
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Carafes et art de la table
Carafe à décanter, pichet à eau, set whisky complet sur plateau de racine. Le set whisky est la pièce qu’on offre, souvent pour une pendaison de crémaillère, quand on ne connaît pas la décoration des lieux.
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Bougeoirs et photophores
Du bougeoir à flamme unique au chandelier à plusieurs branches. Le verre contient la bougie et diffuse la lumière dans les creux du bois. Effet visible le soir, nul en plein jour.
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Comment ces pièces sont fabriquées
Le procédé s’appelle molten glass on wood, verre en fusion sur bois. Il tient en quelques étapes, et chacune explique une caractéristique de la pièce que vous recevrez.
1. La racine est choisie et séchée. Du Gamal, Gliricidia sepium, un arbre à croissance rapide planté à Bali comme brise-vent et comme tuteur pour les cultures. Le bois est dense, noueux, et il ne se fend pas au séchage. Les racines retenues sont celles dont la forme retient quelque chose : un creux, une fourche, une torsion.
Ces racines sont vendues un peu partout sous le nom de bois flotté. Elles n’en sont pas. Le bois flotté a passé des mois dans l’eau, il en ressort gris, lisse et léger. Le Gamal est dense, noueux, et il n’a jamais quitté la terre ferme. Six critères pour les distinguer.
2. Le verre est fondu. Du verre recyclé, essentiellement des bouteilles, refondu au four. C’est de là que viennent la teinte verte sur la tranche et les bulles dans la paroi.
3. Le verre est soufflé directement sur la racine. C’est le moment qui définit tout. La masse incandescente est posée sur le bois et soufflée à la bouche pendant qu’elle est encore molle. Elle coule dans les creux, s’arrête aux arêtes, et prend la forme que le bois lui impose. Le souffleur oriente, il ne décide pas.
4. Le bois brunit au contact. À cette température, la surface de la racine noircit là où le verre s’est posé. Cette marque brune ou noire est visible sur toutes les pièces. Ce n’est pas un défaut ni une teinture : c’est la trace de la fabrication.
5. L’ensemble refroidit lentement, puis le verre est démoulé de son empreinte. Il redevient amovible, et c’est ce qui permettra de le laver sans jamais mouiller le bois.
Aucune étape n’utilise de moule. C’est pour ça qu’aucune pièce ne se répète, et c’est aussi pour ça qu’un vase moulé industriel ne peut pas coûter le même prix.
Reconnaître du verre soufflé à la bouche
Beaucoup de boutiques écrivent « soufflé à la bouche » sans jamais dire à quoi ça se voit. Voici les six signes, vérifiables sur la pièce que vous avez en main.
| Verre soufflé à la bouche | Verre moulé industriel | |
|---|---|---|
| Épaisseur des parois | Irrégulière, du simple au double sur une même pièce | Constante partout |
| Bulles | Présentes, de tailles variées, prises dans la masse | Aucune, ou minuscules et alignées |
| Ligne de moule | Aucune | Deux coutures verticales opposées |
| Bord supérieur | Jamais parfaitement horizontal | Parfaitement de niveau |
| Marque de canne | Cicatrice ronde sous la base ou au fond | Fond lisse et uniforme |
| Deux exemplaires | Différents | Identiques |
Le test le plus rapide : passez le doigt sur la tranche du haut et faites tourner la pièce. Sur du soufflé main, vous sentez les variations. Sur du moulé, rien ne bouge.
Les bulles et les épaisseurs inégales sont souvent prises pour des défauts. C’est l’inverse : un verre parfaitement régulier et sans bulle sortant d’un atelier de soufflage manuel, ça n’existe pas.
Entretien
Le verre se retire sur tous les modèles. Il se soulève bien droit, sans rotation, il n’est ni collé ni vissé.
Lavez le verre seul, à l’eau tiède, avec une éponge douce. Pas de lave-vaisselle : les épaisseurs irrégulières supportent mal les cycles chauds et les chocs contre le panier rayent la surface. Pas d’eau bouillante non plus, ce verre n’est pas trempé.
Le bois ne va jamais dans l’eau. Un chiffon sec, ou légèrement humide puis essuyé aussitôt. Une fois par an, si la racine paraît terne, un peu d’huile de lin appliquée au chiffon lui rend sa profondeur. Ce n’est pas obligatoire.
Le calcaire, la cire durcie dans un bougeoir, le dépôt au fond d’une carafe : ces trois cas demandent chacun une méthode différente.
Questions fréquentes
Comment reconnaître du vrai verre soufflé à la bouche ?
Cherchez l’irrégularité : parois d’épaisseur variable, bulles prises dans la masse, bord supérieur jamais parfaitement horizontal, et surtout aucune ligne de moule verticale. Un verre moulé porte deux coutures opposées et des parois strictement constantes.
Vase moulé sur bois ou verre soufflé sur bois : c’est la même chose ?
Oui, les deux expressions désignent le même objet. On lit « moulé sur bois » parce que le verre prend l’empreinte exacte de la racine, comme dans un moule. Mais aucun moule en métal n’intervient : le verre est soufflé à la bouche, et c’est la racine elle-même qui lui donne sa forme. Rien à voir avec le verre moulé industriel, pressé dans une forme qui sort des pièces identiques.
Les bulles dans le verre sont-elles un défaut ?
Non, ce sont des bulles d’air emprisonnées pendant le soufflage. Elles sont inévitables sur du verre travaillé à la bouche et servent justement à distinguer une pièce artisanale d’une pièce industrielle. Elles ne fragilisent pas le verre.
Le verre soufflé est-il fragile ?
Il se casse comme n’importe quel verre en cas de chute, ni plus ni moins. En usage normal il est solide, souvent plus épais qu’un verre industriel. Sa vraie faiblesse est le choc thermique : ne le passez pas du froid au chaud brutalement.
D’où viennent ces pièces ?
De Bali, en Indonésie. Le bois est du Gamal, Gliricidia sepium, un arbre local à croissance rapide. Le verre est du verre recyclé refondu.
De quel verre s’agit-il exactement ?
Du verre recyclé, essentiellement des bouteilles refondues au four. Il est nu : pas de revêtement, pas de peinture, pas de traitement de surface. Les teintes colorées de certains modèles sont obtenues à la fusion, dans la masse, et ne s’usent pas.
Combien de temps ça dure ?
Le verre ne se dégrade pas. Le bois non plus, tant qu’il reste au sec. La seule usure possible vient d’une exposition prolongée à l’humidité, qui fait griser la racine. Gardez le bois sec et la pièce vous survivra. Les emplacements où le verre prend la lumière, et ceux qui font griser le bois sont détaillés à part.
